Les examens au Canada
October 28, 2010 in Vismavie
Je sors d’une période d’examen qu’on appelle ici pudiquement des intra. C’est l’occasion rêvée de vous exposer comment ça marche ici à Montréal !
Salut les jeunes, bon j’ai presque fini mes examens mais pas totalement. En réalité il m’en reste un mais c’est du Java donc ça compte pas.
Passons aux choses sérieuses. Pour situer le contexte, je suis en 5eme année d’ingénieur. J’ai fait toute ma scolarité en France. Je finis maintenant tout ça au Canada et plus précisément à Montréal. Je suis aussi dans les télécommunications mais ça tout le monde s’en fout alors que c’est vachement cool.
Pour avoir un diplôme d’ingénieur au Canada (je généralise le système du Québec mais je ne sais pas si je peux, dans le doute je fonce), il faut finir un Baccalauréat. C’est en 4 ans et c’est un peu glandouille. Là-bas, tout marche par session ou trimestre. A chaque trimestre l’étudiant choisit ses cours et ainsi de suite jusqu’à un certain nombre de crédits où on lui donne un diplôme. En 4 ans grosso modo donc. Là où c’est drôle et triste à la fois, c’est que le fait de choisir ses cours fait que les mecs ne se connaissent jamais. C’est simple personne ne se connait dans les classes. Il n’y a pas comme je le disais dans un autre article d’esprit de corps. C’est tout à fait hallucinant pour quelqu’un comme moi qui vient d’une école où le monde se connaissait et s’amusait dans la bonne humeur. Et pourtant je suis un peu associable.
Sinon il y a la maîtrise qui se fait en 6 ans mais c’est un peu branlette. Les mecs ne font pas de travaux pratiques et remplacent cela par des lectures d’articles scientifiques. C’est une formation à broyer du papier et à faire du copier/coller d’article. C’est ce que j’ai entendu dire, c’est pourquoi on retrouve majoritairement dans ces formations des Français ou des populations maghrébines (beaucoup, mon meilleur binôme est par exemple Tunisien).
Je rajoute que pendant le baccalauréat, trois stages sont obligatoires et je rajouterai même que beaucoup d’étudiants bossent pendant leurs études ce qui n’arrange pas le côté un peu perso et individualiste de toute la gang (oui au Québec les mots anglais sont féminins alors ferme ta switch s’il te plaît).
Sinon le Québecois n’est pas très nerveux au boulot. Je sais que je ne suis pas quelqu’un de facile pour travailler avec, mais il y a des limites. Cela vient du fait non seulement que le rapport d’autorité est complètement inversé (les élèves font des commentaires et des réclamations d’un niveau qu’on ne peut pas imaginer en France même avec beaucoup de mauvaise foi et j’en ai) mais les travaux pratiques (ici laboratoire) sont très facilement notés. Les systèmes de quizz(petit devoir de 20 minutes assez facile) le sont également. Tout cela fait que le Québecois ne connait pas la pression et qu’il est pépère car le taux d’échec est très très bas. Cela peut s’expliquer par le fait que les cours sont payants, les associations étudiantes sont très puissantes (les profs mal notés passent devant la commission des élèves, j’en connais qui serrent les fesses).
Mais je m’égare totalement dans mon exposé. Pour peu qu’on trouve les bons, certains Québecois sont vraiment cool et brillants. Juste pas tous. J’ai juste fini pas plus tard que hier un devoir à 5h30 du matin parce que mon binôme de maîtrise (censé être un semi dieu par rapport à moi) pense qu’un code unitaire mal codé vaut preuve de bon fonctionnement. J’ai appris J2EE et JavaME en une soirée bien condensée et je n’en veux plus non merci.
Bref, j’allais parler des examens. Toujours dans la veine zen, cela ne gêne personne que certains arrivent en retard (pas stressés non plus, ça me rappelle quand je jouais ma vie sur chaque ds de maths en prépa), se lèvent pour interroger le professeur. On est pas dans la révision intense, si je révise la veille au soir c’est bien et si j’ai plus d’un devoir par jour c’est déjà trop. Ici, on ne répond pas à une question si l’on ne connait pas la réponse !
Je m’égare encore. Les examens sont presque exclusivement réalisés avec des crayons de bois. Je dois être le seul à utiliser mon stylo plume (qui est un concept inédit ici). On nous donne des feuillets de pages à remplir. Le papier est trop fin pour mon stylo plume donc j’écris sur seulement un recto. A cause de mon style d’écriture, j’écris beaucoup de feuillets et cela semble assez peu banal. Je n’ai pas d’examen de matière calculatoire, seulement du blabla donc c’est assez aisé.
Voilà vous savez tout !
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